"Papa, est-ce que tu payes des impôts ?"
Non, ce n'est pas un enfant de 7 ans qui pose la question à son père après avoir entendu "payer les impôts" à la télé. C'est bel et bien un étudiant de 20 ans (en économie qui plus est). En fait, c'est moi.
Après une année en France, j'ai découvert naïvement que ce peuple non-lointain et ami avait une préoccupation annuelle : payer l'impôt. Moi qui ai grandi dans une famille de la classe moyenne casablancaise, je n'ai jamais entendu mon père parler d'impôts. Du moins, je ne l'ai jamais entendu parler des siens (étant fonctionnaire de l'administration fiscale, les impôts ça le connaissait ! Et avec le temps... On commençait à connaître aussi, à la maison).
Etant donné que ma naïveté est limitée quand même, j'ai fini par comprendre qu'au Maroc l'impôt est prélevé à la source. L'Etat taxe directement le salaire. Ainsi, l'Etat est assuré d'un revenu mensuel conséquent, alors qu'outre-méditerranée, les "contribuables" traînent les pattes à la cérémonie de remplissage de paperasse fiscale, de déclarations de revenu et j'en passe.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cette taxation à la source était un service que l'on rendait au marocain. En effet, l'administration marocaine étant ce qu'elle est, le citoyen marocain appréhende d'avoir affaire avec elle. Néanmoins, je pense que ce prélèvement à la source a comme effet néfaste de rendre l'impôt indolore. Bien sûr, cela arrange l'Etat : un citoyen qui serait conscient qu'il donne le tiers de son salaire à l'Etat se ferait plus insistant pour que la route qui relie sa maison à son travail soit mieux goudronnée, que l'hôpital public où sont soignés ses enfants soit mieux équipé, etc. En rendant l'impôt "fluide" et automatique, le citoyen en perd la notion. Il se met alors à raisonner en salaire net au lieu de considérer son salaire brut, il renonce à l'idée même qu'il peut agir sur le levier de l'impôt pour augmenter son pouvoir d'achat.
Voilà, mon côté populiste a parlé.
Parité oblige, je laisse s'exprimer mon côté régalien.
Je vous ai parlé de l'administration marocaine qui est ce qu'elle est... Ce n'est rien face au MAROCAIN qui est ce qu'il est aussi.
Des "citoyens" qui ne sont même pas capables de faire la queue correctement sont, à mon avis, très loin de cet esprit citoyen assidu qui les poussera chaque année à remplir leur déclaration d'impôt. Le marocain repoussera toujours l'impôt, jusqu'au jour où le redressement fiscal lui tombera sur la tête, et à ce moment-là encore, il cherchera à magouiller, à corrompre, bref à passer entre les filets. Dans un pays où on donne 100 dirhams au policier au lieu de 700 dirhams au Trésor Public sans aucun remord, juste parce que c'est "moins cher", croyez-moi que l'impôt ne passerait pas. De toute manière, va donner 30 000 dirhams de salaire annuel brut à une secrétaire en lui expliquant que chaque année elle devra se déplacer d'elle-même pour payer 5 000 dirhams d'impôt sur le revenu d'un coup...
De toute manière, dans un pays où prospère l'économie parallèle, il faudra engager des millions de contrôleurs fiscaux au ministère des finances pour pouvoir examiner toutes les déclarations fiscales.
Alors tant pis, continuons à avoir de l'impôt "indolore". Laissons passer la pilule en douceur, autrement elle ne passerait plus du tout. Et merci.

hadouk les controleurs de finances si chof ch7al ka idarbo 7ta huma dial lflouss...ktar men 90 dialhum hir rchaywiya o banyeen dior o lvillat b rachwa o nafkheen les comptes bancaires dialhum b l7ram..3mar sawalti bak had la question :P
Premièrement baraka mene lkor ou l7ssad.
Deuxièmement, bravo pour ton courage. Mettre un commentaire en anonyme, c'est le top dial roujoula.
Enfin, les accusations b7al hekda ne vont jamais rien arranger. On peut tous se mettre dans un canapé et accuser tout le monde de corruption ou de détournement de fond. Mais qu'est-ce que tu en sais finalement ?
Mouhim, koune kane 3endek chwia m3a lfrançais koune chefti bi ana moi aussi je critique l'administration. Après, mon but c'est pas de tomber dans les clichés. Walakine ma3lich, mane daya3ch wa9ti m3a oummi apparemment.